Réflexions

Le texte qui suit, transmis par notre ami Christian LEIGNEL, est une invite à la réflexion génératrice d’un doute salutaire…

Les dix stratégies de manipulation de masse – Noam Chomsky

Le linguiste américain Noam Chomsky a élaboré une liste de dix stratégies de manipulation à travers les médias issues de ses observations. Nous la reproduisons ici.

Les passages en italique sont extraits de Armes silencieuses pour guerres tranquilles.

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux.

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de dix ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus

on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans.

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

clip_image007_thumbFaire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures.

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Noam CHOMSKY

Le texte qui suit est une pure fiction. Il semble toutefois illustrer parfaitement les conséquences possibles de certaines manipulations évoquées par Noam Chomsky.

Ecrit il y a neuf ans, il reste d’une brûlante actualité…

clip_image008_thumb

Ni la radio, ni la télé n’en avaient parlé. Aucune ligne à ce sujet dans les journaux ! Même la rue était restée muette. Seuls quelques-uns uns ne s’étonnèrent pas. On y était…

En ce petit matin frisquet du printemps 2015, des camions militaires avaient envahi la ville. Des soldats en uniformes noirs et aux souliers ferrés avaient investi certaines demeures particulières et en faisaient sortir les occupants sans ménagement. La stupeur se lisait sur les visages mal réveillés des habitants rudoyés au saut du lit. Des cris fusaient, des larmes, promptement étouffés à coups de crosses revanchards. Toute la cité avait tremblé dans le matin blême.

Aux premiers coups de feu, tout s’était calmé, d’un seul coup. La longue cohorte avançait maintenant sans bruit dans les rues grises, encadrée par les escadrons noirs. Hommes, femmes, enfants, marchaient tête basse, en traînant les pieds, regards vides fixés au sol. Tous arboraient, cousu sur leur vêtement, le signe d’infamie : un beffroi noir sur un cœur jaune stylisé, un emblème dont beaucoup avaient été fiers, autrefois. Mais le temps, aujourd’hui, n’était plus à l’amitié…

L’étrange cortège s’était dirigé vers le camp de transit, aménagé à la hâte dans la nuit, en dehors de la ville. Procession silencieuse où couraient des mots oubliés, vocables des temps anciens qui ressurgissaient ! Les plus jeunes haussaient un sourcil interrogateur. « Vél’ d’Hiv’ ? »  Une nouvelle marque de chaussures de sport ? Un nouveau processeur ? Une console de jeu révolutionnaire ? Le nom d’un groupe à la mode ?

Derrière les barbelés, hommes, femmes et enfants avaient été séparés. Un vieil Artésien à la longue barbe blanche avait murmuré à mi-voix : « Nous sommes les futurs détails de l’histoire… » Des regards d’incompréhension s’étaient posés sur lui. Affront au devoir de mémoire, les théories négationnistes, au fil des années, s’étaient imposées. Le vieil homme n’avait pas eu le temps d’expliquer. Les crosses des soldats s’étaient abattues sur lui, sans un mot, sans un cri, méthodiquement, sous le regard horrifié et incrédule de ses pairs.

Comment avait-on pu en arriver là ?

Tout avait commencé au début de ce siècle qu’on disait porteur d’espoirs, de façon presque banale. Cela faisait moins d’un an qu’on comptait en euros. Les progrès fulgurants de la science, dans tous les domaines, laissaient entrevoir des lendemains qui chantent et tout un chacun s’enorgueillissait d’appartenir à la grande communauté humaine capable désormais de se regrouper pour le bien de tous et de communiquer sans difficultés par-delà les frontières. L’Europe était en marche et, malgré quelques hiatus, s’annonçait sous d’heureux auspices. Si la paix dans le monde n’était encore en bien des endroits qu’un vain mot, l’homme de la rue voulait espérer en un avenir radieux. Jusqu’à ce mois de mai 2002 qui vit basculer l’Histoire !

Nul ne s’était véritablement inquiété de la montée de l’extrême droite. Ce n’était que des mots qui, a priori, ne représentaient pas un réel danger. On était bien davantage préoccupé par les prochaines vacances, nécessairement dans quelque paradis idyllique, par le dernier modèle de chez Renault, qu’il faudrait bien un jour se payer, par le superbe cinq pièces dans cette résidence hyper protégée, où il ferait si bon vivre, et par la montée de la violence, reprise en écho de façon outrancière par tous les médias. Ce dernier point avait été, paradoxalement, le catalyseur de ce renversement de l’Histoire. L’homme de la rue avait peur, sans savoir au juste de quoi. Que les statistiques démontrent que la délinquance était partout en régression, que les crimes de sang soient de moins en moins nombreux, cela ne le rassurait pas : il cherchait désespérément ce qu’il avait à craindre, prêt à entendre les discours démagogues susceptibles de mettre un visage sur ses fantasmes. Car on brûlait, de-ci, de-là, un véhicule – qui devenait dès lors son véhicule –, les murs de la ville s’agrémentaient de graffitis hideux, des jeunes en mal d’aventure s’appropriaient ses petites affaires… C’était inadmissible ! Et il entendait bien le faire savoir… En se rendant aux urnes, son vote serait protestataire. Car certains discours électoraux étaient de nature à le séduire. Tolérance zéro et dehors les étrangers ! Voilà qui était rassembleur. La peur prenait figure humaine. On allait pouvoir la vilipender, la stigmatiser, l’éradiquer. Le remède était là et on ne le savait pas.

On s’en doutait bien un peu, depuis quelques temps, avec la montée progressive de tous les racismes. La populace, savamment désinformée, abêtie par des médias inconscients à la botte des grandes multinationales, réduite au statut de consommateur silencieux, y avait été, à son insu, bien préparée. Incapable d’admettre qu’elle avait peur, en fait, de sa jeunesse, incapable de comprendre qu’il valait mieux éduquer que réprimer, elle avait depuis longtemps transposé l’objet de ses craintes. Si le mal ne pouvait venir de ses propres enfants, c’est qu’il venait d’ailleurs, d’une jeunesse différenciée, facilement identifiable, de préférence légèrement… bronzée. C’était plus facile. Et si quelques-uns avaient rappelé les théories eugénistes destinées, autrefois, à identifier à coup sûr le Juif, leur discours s’était perdu dans la flambée xénophobe qui avait embrasé le pays. Les étrangers, les gens de couleur avaient entamé leur chemin de croix. Jusque-là, on se contentait de les appeler « ces gens-là ! » Mais, désormais, l’ennemi était identifié. Les Arabes, en particulier, avaient fait les premiers les frais de cette politique sans pitié. Assez de leurs ramadans ! Assez de leurs foulards et de leurs burnous ! Assez de leurs exigences et de leurs salamalecs ! Dehors ! La France aux français et les vaches seraient bien gardées…

Le premier devoir des nouveaux dictateurs avait été de tenir leurs promesses. Les camps de transit avaient fleuri, accueillant une population toujours plus nombreuse. Les droits les plus élémentaires de l’homme y étaient bafoués. La promiscuité et les mauvais traitements faisaient qu’on y mourrait volontiers, ce qui allégeait opportunément la charge des contribuables français. Des charters entiers avaient raccompagné les plus chanceux dans leurs pays. Car pour les autres – de nombreux arabes des troisième et quatrième générations, juridiquement et culturellement français –, l’aventure en France, terre d’accueil, s’était plutôt mal terminée. Ce furent d’abord les ratonnades, puis, ouvertement, la chasse meurtrière aux « nuisibles », systématique, organisée, contrôlée. On y emmenait les enfants – sinistre divertissement – pour leur apprendre à devenir de bons français. Puis il y eut la seconde « nuit des longs couteaux », remake d’une Saint Barthélemy de sinistre mémoire. On se demande parfois à quoi sert l’Histoire…

Une décennie s’était ainsi écoulée, avec la bonne conscience du devoir accompli. Une population B.C.B.T. (bon chic, bon teint) s’épanouissait dans une France propre à la sérénité retrouvée. L’insécurité n’était plus qu’un mauvais souvenir, sans doute pour la simple et bonne raison que les médias avaient l’interdiction formelle d’en parler. L’ignorance permet de tout accepter… À la télévision fleurissaient les émissions voyeuristes répugnantes qui flattaient les instincts les plus bas. On en regrettait presque les « Plein les yeux », « ça peut vous arriver », « On aura tout vu », « Confessions intimes », et autres « C’est mon choix » ou « Strip-tease »… Même « Loft story », après plusieurs saisons, avait fini par lasser et était perçue comme une vulgaire pantalonnade pour collégiens attardés. On se passionnait, désormais, pour « Milices de l’extrême », « Croisades d’aujourd’hui », « Baisers de Judas » ou « Délateur et bon français »… On dénonçait en direct son père, son frère, son voisin, pour ses idées subversives ou sa pensée politiquement incorrecte, et tout un chacun pouvait en suivre sur son écran les conséquences : embastillement des malheureux épinglés, application de la question par des bourreaux volontaires et patentés, et, les grands soirs télévisuels, châtiment suprême soumis au vote des téléspectateurs (la peine de mort avait été rétablie aux premières heures du nouveau régime)… Rien que de très banal sous une dictature ! à ce détail près que l’excellence de la mise en scène et la dramatisation des effets scotchaient littéralement tout le pays devant le petit écran, zappant de chaîne en chaîne pour ne rien perdre de l’horreur cathodique et des invites à consommer des encarts publicitaires.

Pourtant la France s’ennuyait. La « terre d’asile » de nos ancêtres, le pays des « Lumières » se morfondait. Les trois couleurs ne constituaient plus un symbole suffisamment rassembleur. Certains régionalismes avaient émergé. La Corse avait été la première à devenir indépendante, vite suivie par le Pays Basque, et la Bretagne. Le clivage Nord-Sud n’était plus seulement une vue de l’esprit. Les langues d’Oc et d’Oïl refleurissaient. La France donneuse de leçon, la France exemple pour le monde, complètement isolée, retrouvait ses errements d’antan : découpage incertain de ses frontières, luttes moyenâgeuses intestines et fratricides… Le pouvoir en place fermait les yeux dans la mesure où ces mouvements ne nuisaient pas au commerce : l’argent rentrait, c’est tout ce qui comptait.

Insidieusement, en terre d’Oc, les Gars du Nord avaient été relégués aux tâches subalternes, puis écartés de la communauté. Les signes visibles d’une appartenance ethnique, cette fois, n’existaient plus. Il avait fallu en inventer, ou stigmatiser des détails sans importance : une façon de parler, une origine douteuse ou une lignée trop explicite, une gastronomie singulière, un attachement trop marqué aux « Terres d’en haut »… En 2012, les premières extraditions avaient eu lieu. De jeunes « nordistes », nés dans le Sud, étaient ainsi expédiés vers des contrées qui leur restaient étrangères…. Les Gars du Nord étaient devenus « Ces gens-là »…

…Jusqu’à cette aube grise du printemps 2015 où les souliers ferrés martelaient le pavé, résonnant comme un glas dans les esprits ensommeillés.

Faudra-t-il, pour s’en sortir, une nouvelle fois faire appel aux alliés ? Faudra-t-il redemander à des jeunes venus d’ailleurs de se faire tuer loin de chez eux pour réparer les conséquences de nos erreurs ? Peut-être enrôler de force les enfants des enfants des anciens tirailleurs sénégalais et des harkis, ou supplier l’Amérique d’intervenir ? Cette Amérique, à qui nous croyons tant devoir et qui tant, depuis, nous le fait payer…

Qu’importent, sans doute, les solutions ! Gardons toutefois à l’esprit qu’elles ne sont jamais anodines et que, toujours, mieux vaut prévenir que guérir !

Les Gars du Nord sont des malins. Ils ne se contentent pas de « monter les côtes sans pédaler. » Ils ont de la jugeote et se défient du chant des sirènes. Ils savent bien que le racisme est affaire de pleutres, d’égocentristes sans conscience qui se promènent dans la vie la trouille au ventre et qui ne se sentent forts qu’en nombre, dans un consensus lâchement accepté.

Et s’ils ne le savent pas encore, qu’ils s’en convainquent vite ! Avant qu’il ne soit trop tard… L’enjeu est trop important.

Car le temps, chez nous, est toujours à l’amitié…

Un mauvais rêve, me direz-vous ?

Assurément ! Un mauvais rêve qui gâcha quelques-unes de mes nuits entre les deux tours des élections présidentielles.

Loin de moi l’idée de m’ériger en donneur de leçon. Juste l’envie de dire que l’insécurité, « la vraie », réside peut-être dans cet avenir incertain que nous nous préparons… Et que nos enfants jugeront !

Juin 2002

Jean-Marie DUMARQUEZ

Les stars de l’amicale

Ainsi qu’en témoignent les facs-similés de la Dépêche du Midi du 25 janvier 2011 dernier, le statut de « Star de l’Amicale » de notre amie Emilienne MONMILLON se confirme au fil des années. Que ce soit à la télévision ou dans les journaux, cette nordiste impénitente sait « voler » la vedette au gens du cru et ne perd aucune occasion de mettre en avant les Gars du Nord.

image

Même si notre amie Emilienne n’a pas obtenu le titre convoité de Supermamie 2011, coiffée au poteau par une danseuse de vingt ans sa cadette, pour nous tous elle est et restera à jamais la Superstar de l’Amicale.

Une pêche d’enfer, un emploi du temps de ministre, la valise toujours prête, cette grand-mère douze fois arrière-grand-mère répond toujours « présente » aux sollicitations de son entourage.

La solitude lui pèse parfois, mais elle sait y remédier, avec une volonté qu’on lui envie. Et si, de son propre aveu, l’âge lui complique parfois les choses, elle nous rappelle, avec son verbe haut et son franc-parler, qu’elle a mieux à faire dans la vie que vieillir…

Non, Emilienne ! Tu ne racontes pas de blagues. Tu es vraie, et c’est pour ça qu’on t’aime.

Jean-Marie DUMARQUEZ

clip_image004

Les hommes du Nord : L’inventeur du béton armé

clip_image002

Saviez-vous que l’inventeur du béton armé est un gars de chez nous ?

François Hennebique est né en 1842 à Neuville-Saint-Vaast, un village du Pas-de-Calais situé entre Arras et Lens. Il commence sa carrière dans le bâtiment comme apprenti maçon, à Arras. A l’âge de 25 ans, il crée sa propre entreprise avant de devenir un ingénieur aux compétences reconnues.

En 1892, à Bruxelles (Belgique), il dépose le brevet qui fait de lui l’inventeur du béton armé.

Il a réalisé de nombreuses constructions en France et dans le monde. Depuis son décès à Paris en 1921, une plaque est posée sur sa maison natale.

Comment résoudre la crise !

Notre ami Jean-Pierre BOSSUT a quelques idées pour résoudre la crise. Il nous a adressé par mail un bon conseil à faire circuler sans modération, en précisant qu’il ne s’agit que d’une hypothèse mais que le raisonnement se tient…

Imaginons que le gouvernement Français concède à chacun d’entre nous une bourse de 500 euros pour relancer la consommation. Il s’agit bien évidemment d’une supposition…

– Si nous la dépensons au supermarché du coin ou en vêtement, cet argent part en Chine.

– Si nous dépensons l’argent en carburant, il part chez les Arabes.

– Si nous achetons un ordinateur, il ira en Inde.

– Si on achète des fruits et des légumes, l’argent va en Espagne ou au Maroc.

– Si on achète une bonne bagnole, notre fric va en Allemagne

– et si on achète des babioles, il part à Taïwan et n’aidera toujours pas notre économie.

La seule façon de maintenir l’argent en France, c’est de le dépenser en achetant du vin ou du champagne, si l’on considère que ce sont les uniques biens de consommation encore produits chez nous. Donc, en faisant la bringue, j’accomplis mon devoir civique…

Alors pour aider notre système économique national : PICOLEZ !

Pour info : la Fête de l’Eau a fait près de 400 morts au Cambodge tandis que celle du Beaujolais s’est déroulée sans aucun problème…

Jean-Pierre BOSSUT

La cuisine de chez nous : Le cœur casselois

Notre amie Agathe LESAGE aime les bonnes choses et tient à nous faire découvrir ce qui enchante ses papilles.

Bruno Caron et Emmanuel de Quillacq, les chefs du T’Kasteelhof à Cassel, sont fiers de cette recette, mélange sucré-salé propre à la Flandre, proposée dès le début au menu de l’estaminet créé en 1995.

LE CŒUR CASSELOIS

clip_image002

Ingrédients (pour 4 personnes) : 250 g de hachis de porc, 100 g de lardons, 3 ou 4 oignons (selon leur taille), quelques branches de laurier et de thym, 7 ou 8 pommes pour la compote, 1 pâte feuilletée.

– éplucher les oignons.

– faire chauffer un peu d’huile (ou de beurre) dans une marmite.

– en parallèle, faire chauffer les lardons dans une casserole pour éliminer le gras (à feu vif).

– couper les oignons grossièrement et les faire cuire dans la marmite. Baisser le feu. Ajouter laurier et thym (quelques branches).

– égoutter les lardons cuits dans une passoire.

– aux oignons, ajouter la viande en la déchiquetant avec les doigts.

– à mi-cuisson, verser quelques centilitres de bière ambrée tout en continuant à jeter des petits morceaux du hachis.

– saler et poivrer. Couvrir et remonter le feu.

– laisser cuire le tout 1/4h environ.

– pendant ce temps, couper les pommes en morceaux de taille inégale (ne pas ajouter de sucre). Commencer par en faire cuire la moitié avant d’ajouter les autres au fur et à mesure.

– Couvrir et laisser cuire à feu doux.

– Une fois la cuisson de la préparation hachis-oignons-bière terminée, égoutter le tout.

– étaler votre pâte feuilletée dans un plat à tarte.

– couvrir le fond avec la viande, bien l’étaler à l’aide d’une fourchette (prendre soin d’enlever les branches de thym au passage). Ajouter les lardons égouttés sur cette couche de viande puis la compote en l’étalant de façon à bien recouvrir la viande.

– mettre au four (180°C à 200°C, 40 à 45 minutes).

Vous accompagnerez votre cœur casselois de purée ou de frites et de salade et vous le dégusterez avec une bonne bière ambrée.

Bon appétit !

Un peu de poésie …

Notre amie Eliane BOULET aime la langue de son Nord natal. Pour nous en faire partager toutes les saveurs, elle nous propose aujourd’hui ce texte de Marius Lateur, qui met si bien en valeur ce sens de la fête qui animait nos aïeux…

L’ducasse

V’là l’pus biel’fiêt’ dé l’vill’. Ch’est l’ducasse qui arrif’ !

Du pu jonne au pu vieux, in l’saque aveuc ses dints.

Ch’est d’bons r’pas, de l’gaîté, du biau in perspectif’

Ah, comme in est heureux ! Cha s’vot su l’min’ des gins.

 

Pou l’fêtier bin avant l’jour fixé pou l’ducasse

In invit’ ses aprints ; eun’paire ed’ bons amis

El’ premier jour surtout, faut qu’cha pète ou qu’cha casse !

In l’fiêt’ jamais tout seu, ch’t’eune viell’mot’ du pays.

 

In r’blanchit les plafonds, in r’peint et in r’tapisse,

In rajeunit l’mason, pa d’vant, d’tous les côtés.

Jusqu’à ch’gardin, s’voïett’ sont nettiés, ch’est justice,

Car i’s aront sûr’mint l’visit’ des invités.

 

Ché sort’s d’ouvrach’s finis, l’feimm’ s’artrouss’, frotte et lave ;

Et comme in dit ichi « all’ s’in donn’ tout autour ! »

Y-a point, tout il y pass’ du gernier jusqu’à l’cave.

Les rideaux sont cangés, tout est in ordr’ dins l’cour.

 

L’avant l’velle’ dé l’ducass’, goss’s et feimm’s vont, in binte.

Au-d’vant d’ché marchands d’lait avec seïaux et pots,

Pour êt’sûrs d’in avoir autant qu’i dot’n in printe.

I faut rire à les vir’,à moins d’êt’ comm’ du bos !

 

Ch’lait ch’est pour faire el’tart’, vous l’avez d’viné j’pinse ?

Qui dit : « Ducass’ » dit : tart’s. Sans tart’, quoi qu’all’s’rot bin ?

In in fait à gros bords, des épaiss’s et des minces,

A pronn’s à castonate, à rojins, au pain… et au « liboulli »

 

Pour les cuir’, dins l’coron, les gins s’arring’nt insonne ;

I cauff’nt in four eus’-mêm’s et, sans rien négliger,

Les port’nt sur eun’ équelle o bin su l’port’ d’eun’champe.

D’aut’s les port’ cuire aussi à mon dé ch’boulanger

 

Les tart’s cuit’nt son rintrés. In’in goût’. Qu’alle est bonne !

In l’s install’ dins eun’ champ’ sur éch’ plancher, d’sin miux.

 

L’coin du patois

L’velle, in tu’ ch’lapin, l’poul’ ; ch’ gambon cuit, in rayonne.

L’s infants vont vir, su l’plach’, ché baraqu’s et chés jux.

 

Ch’est l’jour ! v’là l’s invités ! in parle, un bot in verre.

In visite el’bass’-cour, ch’gardin d’vant d’dîner.

Cha l’y-est ! l’soupe est servi’. Ah qu’in va fair’ bonn’ chère !

In s’met à tape à s’naisse et in m inch’ sans s’gêner.

 

L’appétit est ouvert, in dit l’sinne, in rigole ;

Tout est bin cuit à point. V’là les tart’s, du bon vin.

Tout l’mond’ leu fait honneur. In bot ch’noir qui console,

Quéqu’s bons verr’s et in cant’ ; tout l’mond’ va au refrain.

 

Bin rassasiés, joyeux, in part à l’fête insonne,

In prind des numéros à l’ »lot’ri’ du trésor »

In tir’. Ch’est Zeph qui gagne ! Ah l’veinard ! – dit l’patronne

Il a gagné l’coqu’tier, tout près d’la montre in or !

 

In avanche, in vot d’tout. Diseus’s d’av’nir, glichoires,

Tirs, jux d’tirlibibi, tours à la lun’, vélos

« cass’gueul’ » pêque au champan jux d’dés, des balanchoires

Qu’in a plair à vir’ monter c’qu’à l’toil’ parfos.

 

– In feume, in rit, in sue ; in va boir’ souvint s’pinte –

Ch’t’in ju d’ massaqu’, ch’est des lutteux qui sont là d’front,

– « Avec qui voulez-vous lutter ? cri’ l’chef dé l’binte,

– « Avec éch’ti qui s’much’ ! » Pierre eun’fos li répond.

 

– Chés goss’s mont’nt à qu’va d’bos, d’aut’s mont’nt à balanchette.

L’soir, beaucop vont au cirqu’, au bal dont les jonn’s gins.

Chu q’i n’y-a ichi et qu’pou l’s’infants j’argrette,

Ch’est Lafleur, ch’est Guguss’, si biaux jus infantins !

 

L’lundi, in est pu calm’s. Mais l’mardi, ch’est l’contraire !

In dîne à on d’ses gins, su l’plache in y a r’va l’soir.

« Si in a querre ouvrer, in a querr’ fair’ bonn’ chère,

A s’distraire honnêt’ mint dins nous biau Pays Noir »

Marius Lateur

La culture en France

Notre ami Jean-Paul HUART ne manque pas de culture. Plutôt que l’étaler, il préfère rendre un hommage appuyé à ses compatriotes, et en particulier aux Ch’timis chers à son cœur, qui si bien savent exporter cette culture hexagonale que de mauvaises langues disent en perdition.

Que ce soit dans les domaines culturels, technologiques ou artistiques, les Lumières d’un Siècle du même nom brillent encore…

LA CULTURE EN FRANCE

Dans le dernier beffroi, nous avions vu que les Français avaient la bosse des maths.

Cette fois, jetons un œil du côté de la culture. Franchement, ce n’est pas non plus dans ce domaine que nous sommes les plus mauvais.

Ce n’était pourtant pas gagné ! En effet, rien n’enraye la progression de l’anglais, devenu langue unique pour la production de documents. Le maintien de notre belle langue, et plus généralement du plurilinguisme, reste un combat permanent.

De même, au début des années 90, lors de négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce, la France a fait valoir le concept d’exception culturelle, permettant à l’Europe de faire admettre que les biens culturels ne pouvaient être traités comme les autres marchandises.

clip_image002C’est ainsi que l’aide au cinéma, au théâtre, des mesures telles que le prix unique du livre, l’instauration de quotas sur la diffusion des chansons françaises et la défense de la notion d’auteur, ont largement favorisé la production hexagonale.

La France a été très combative sur ce dossier, ce qui lui a valu de violentes critiques, cette prétention ayant été interprétée comme un signe de l’arrogance d’une culture qui se prétendait supérieure aux autres.

Cette notion, devenue diversité culturelle pour ne pas froisser, ne nous a pas si mal réussi et inspire même à l’étranger. Au Japon, Unijapan, un organisme destiné à promouvoir le cinéma japonais dans le monde, a vu le jour sur le modèle Unifrance. La Roumanie et d’autres pays sont, de même, inspirés par notre CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée).

UNIFRANCE

Cette structure peu connue, créée en 1949, joue un rôle essentiel dans la promotion des films français à l’étranger. Organisation de voyages promotionnels, présence dans les marchés importants du film, organisation de festivals comme celui du film français au Japon, le « Rendez-vous with French cinéma » de New-York ou le « cinéma français aujourd’hui » en Russie, tout cela est du domaine de Unifrance.

La France, pays de la nouvelle vague est dotée du troisième plus grand parc mondial de salles de cinéma, et d’un système de soutien à la création que le monde entier lui envie.

Restons modeste !

La France est, certes, le deuxième exportateur de films au monde, mais très loin derrière les Etats-Unis (90% de parts de marché sur la planète, contre environ 3% pour le petit poucet français). Malgré tout, en 2009, nos films ont attiré 67 millions de spectateurs à l’étranger.

Chaque année, un noyau dur de 20 à 30 films parvient à être vendu dans dix à vingt pays étrangers. Des hommes et des Dieux de Xavier Beauvois, a été acheté, cette année par 50 pays.

BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS DE L’ANIMATION

A Valenciennes, Supinfocom forme des étudiants recrutés par les plus grands studios français ou américains.

Supinfocom (Ecole supérieure d’informatique de communication) a été créée à la fin des années 80 à Valenciennes (Nord), dans une région alors sinistrée sur le plan économique. Un peu à l’étroit actuellement, les 700 étudiants du site valenciennois devraient déménager dans un campus en projet, près de la gare. Il sera construit d’ici deux ou trois ans à Anzin, ville immortalisée par Zola dans Germinal, sur d’anciennes friches industrielles, au bord de l’Escaut. Le but de la chambre de commerce et d’industrie, créatrice et propriétaire de Supinfocom, était de contribuer à la reconversion de la région, en s’appuyant sur le numérique et l’image.

Supinfocom est appelée à se développer en lien avec une pépinière d’entreprises, dont Meconopsis, studio de post-production 3D, qui a récemment réalisé le toilettage du générique du JT de France3.

95% des étudiants trouvent un emploi moins de six mois après leur sortie d’école. Un ancien de l’école, Grégory Jennings, diplômé en 2006, travaille depuis trois ans pour le studio américain DreamWorks Animation, qui a notamment créé Shrek. Le gros des étudiants reste en France, mais un sur cinq part à l’étranger. Les départs restent limités, en raison du développement du secteur de l’animation dans le Nord avec Ankama à Roubaix, qui a créé le jeu en réseau Dofus, et à Paris avec Mac Guff Ligne, qui a travaillé sur les films « Azur et Azmar » (2006) ou « Moi, moche et méchant », encore en salle.

LE SUCCES D’ANKAMA DANS LES JEUX EN LIGNE

Trois copains décident, en 2001 de créer leur propre entreprise, une petite société spécialisée dans la communication active, basée à Roubaix.

Ils développent un jeu de rôle mettant en scène des œufs de dragon aux pouvoirs magiques. Dofus est le premier jeu de rôle en ligne massivement multi joueurs français. Dès 2004, le succès est immense et commence une irrésistible ascension. Dofus entraîne le joueur dans un univers médiéval fantastique mais se démarque de ses concurrents par son humour très français, des blagues au second degré, avec même, des références aux Ch’tis.

Près de 35 millions de joueurs l’ont testé, et 3 millions y jouent régulièrement, essentiellement des francophones et des hispanophones.

L’effectif, qui était de cinq au départ, dans des locaux de 15 m2, est passé à 450 salariés qui travaillent dans une ancienne usine textile de 10 000 m²

clip_image004

En 2005, les trois fondateurs se sont lancés dans l’édition d’un manga, vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Wakfu, nouveau petit frère de Dofus a scénarisé ses héros en dessin animé, diffusé sur France 3 et qui remporte un franc succès chez les préados.

Ankama cherche maintenant à percer le marché asiatique. Il a ouvert une antenne à Tokyo. Au pays du manga, la concurrence sera forcément très sévère, mais dans le jeu vidéo, les Japonais sont sensibles à la French Touch.

LE LOUVRE S’INSTALLE A LENS

clip_image006

La ville commence à s’approprier le futur musée. Chaque mois, des riverains sont invités pour une rencontre informelle avec les acteurs du projet, une équipe de médiation présente sur place, et les responsables des travaux.

clip_image008

Les travaux de terrassement ont démarré depuis le dernier trimestre 2010 et l’ensemble du chantier devrait s’étaler sur deux ans. Des images projetées dans la salle d’exposition dévoileront au public toutes les phases de ce chantier qui occupera jusqu’à 400 personnes.

Parallèlement, des ateliers de sensibilisation à l’art sont organisés. Les élèves de CE2 se voient proposer une semaine entière consacrée à la découverte artistique, encadrés par deux enseignants spécialement formés aux pratiques artistiques, au côté des professeurs habituels.

Cette sensibilisation à l’art représente une expérience totalement nouvelle pour les enfants.

Certes, dans une ville plus connue pour sa culture-foot, la vraie gageure sera de convaincre les abonnés du stade Bollaert à pousser un jour la porte du musée du Louvre !

Lu dans le journal

clip_image010…cet extrait d’une interview de Carolyn Carlson, chorégraphe américaine, directrice du Centre chorégraphique national de Roubaix :

« Ce que j’aime en France, c’est que chaque ville a son musée, son théâtre. La culture est partout.

Tout ce que j’ai fait ici, je n’aurais pas pu le faire aux Etats-Unis. Là-bas, il n’existe pas la même dynamique pour la danse et la culture en général. La création américaine est concentrée dans quelques foyers, comme New-York ou San-Francisco. En France, la danse s’épanouit dans toutes les régions, notamment grâce aux centres chorégraphiques nationaux créés en 1984 par Jack Lang. Aujourd’hui, on en compte 19, répartis sur tout le territoire. C’est unique au monde ! Bien-sûr, ce n’est pas toujours facile. Les jeunes chorégraphes doivent se battre pour trouver des subventions et faire tourner leurs spectacles.

Aujourd’hui, je vis entre Paris et Roubaix. J’aime Paris parce qu’on y croise le monde entier, mais je suis aussi très attachée au Nord. Cette région a été une vraie découverte pour moi. Il s’y passe beaucoup de choses et on y sent une énergie positive. »

En conclusion, malgré la crise et toutes sortes de difficultés, il serait bon pour une fois de considérer la culture de notre pays avec optimisme.

Les musées ne désemplissent pas, on publie des livres de toutes sortes. Le cinéma maintient son rang et résiste à la domination américaine.

Le théâtre tient bon et on chante toujours autant en France.

De très nombreux festivals attirent les foules, nos architectes sont réclamés sur tout le continent, et nos créateurs de mode sont toujours autant admirés.

Jean-Paul HUART

Cafougnette

Cafougnette a été bien sage à l’école. En rentrant à la maison, sa maman lui dit :

— T’as été fort sage, min loute, j’sus fin bénache. Alors, té peux m’deminder chu qu’ té veux !

Alors Cafougnette :

— Ej’ veux pus y aller !

Le petit Cafougnette arrive à l’école.

— Tu as encore oublié de te laver la figure, dit l’instituteur. Il n’est pas difficile de deviner ce que tu as mangé ce matin pour ton petit déjeuner… Du café au lait !

— Nan, répond le gamin, cha… ch’étot hier !

Le petit Cafougnette est allé à l’école pour la première fois.

Son père rentre de la fosse et lui demande de lui raconter sa journée.

Alors le petit va au coin, met ses mains sur sa tête et dit :

— Ravise chu qu’ j’ai appris !

Editorial (beffroi février 2011)

LE TEMPS DE LA REFLEXION

C’est un éditorial un peu particulier que je vous propose aujourd’hui, une invite à la réflexion susceptible de mettre à mal quelques certitudes. Rassurez-vous ! J’ai toujours autant envie de faire la fête et de rire de tout. Si la morosité ambiante ne m’atteint pas, elle suscite toutefois des questions qui restent trop souvent sans réponses.

Comme tout internaute, je reçois beaucoup d’informations (à moins qu’il ne s’agisse de désinformation) qui circulent sur le web, des messages qui témoignent de plus en plus d’une vraie dérive. Les discours xénophobes, pour ne pas dire racistes, sont devenus le lot quotidien de l’internaute accablé qui rêvait d’un autre monde. Sans vouloir prendre ici parti, je suis atterré par tant de haine à l’égard de certaines minorités (qui seraient en passe de devenir une certaine majorité…).

D’aucuns ont déclaré ne plus vouloir recevoir de type de message dans leur boîte mail, estimant avoir mieux à faire dans la vie que cultiver la haine et le ressentiment. Je les comprends. En ce qui me concerne, je tiens à recevoir tout ce qui circule sur le web à ce sujet, ne serait-ce que pour appréhender l’importance du phénomène et entretenir mon indignation.

Heureusement, je reçois aussi, plus rarement, il est vrai, des messages constructifs qui amènent une vraie réflexion, tel l’exposé des dix stratégies de manipulation de masse de Noam Chomsky que vous trouverez en page 12 du présent Beffroi.

Il semble que le machiavélisme nécessaire à la mise en œuvre de ses stratégies est sans doute variable d’une clique politique à l’autre, sans distinction a priori d’appartenance à la gauche ou à la droite. L’ensemble de ces stratégies fait partie du « système d’Etat » ; peu importe qui est au pouvoir, chaque gouvernement ne modifiant que le niveau d’intensité de telle ou telle approche. Le contrôle d’une partie importante des médias est évidemment un prérequis pour que tout cela fonctionne, que ce soit par nomination directe des directeurs ou par copinage.

Si l’on considère Internet comme un média manipulateur de masse, on comprend qu’il y a lieu de s’inquiéter. C’est pourquoi je vous propose de relire « Lendemains désenchantés », une nouvelle parue dans le Beffroi il y a neuf ans mais qui n’a pas pris une ride. Il suffit juste d’un peu d’empathie pour envisager quel pourrait être notre sort si nous devenions une minorité conspuée, exclue et haïe dans un pays qui est le nôtre depuis plusieurs générations. Certaines prises de position ne sont pas sans conséquences…

Qu’il soit bien clair que mon discours n’a rien de politique. Il s’agit simplement de la prise de conscience d’un problème social qu’il convient de cerner pour mieux l’éradiquer.

Si les Gars du Nord aiment faire la fête, ils sont aussi capables de réfléchir et de dire haut et fort qu’ils n’apprécient pas qu’on les prenne pour des « naïux ».

La vigilance s’impose !

Jean-Marie DUMARQUEZ